Ciel des Vegans à la maison… Les VG, les vegans & leurs amis.

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Noël est déjà loin. De temps en temps, je pense avec plaisir à ce beau réveillon que nous avons partagé en famille et avec nos amies calédoniennes. Je revois leurs yeux émerveillés en découvrant la féerie des villes et des villages alsaciens, mais je me rappelle surtout de tous ces petits moments, chaleureux et joyeux, que nous gardons tout au fond de notre cœur, et qui, des années après, nous réchauffent quand nous y songeons.

Nathalie et Marie ont vécu avec nous leur premier Noël végan. Elles ont partagé notre univers, nous ont aidés à la préparation des repas et à la confection des petits gâteaux traditionnels, Nathalie a écouté et dialogué avec nos végans, et surtout, elle a compris et a soutenu le récent engagement végétarien de Pascal et de moi-même. Elle a posté un très joli message sur la page FB de CherryPepper, pour remercier et féliciter nos trois végans préférés, alors que son ouverture d’esprit et son sens de l’amitié ont largement contribué à la réussite de notre réveillon.

Il y a 20 ans, Pascal et moi sommes partis avec Magalie et Aurélie, alors collégiennes, dans le Pacifique Sud, à Wallis et Futuna, pour un séjour professionnel de 3 ans.

C’est là que nous avons fait la connaissance de Nathalie. Coupés de nos racines et loin de nos proches, nous y avons tissé un cocon affectueux et douillet et des liens d’amitié indéfectibles. A ce jour, Nathalie est la seule de nos amies que nous ayons revue, mais, une fois par an, avec Nadia et Philippe, par téléphone ou sur le net, nous nous remémorons, la larme à l’œil et le sourire aux lèvres, nos souvenirs wallisiens.

Ce jeune couple et leurs deux enfants sont arrivés en même temps que nous à Wallis, et nous avons tout partagé. Les réveillons de Noël, les innombrables fêtes et les soirées au Daiquiri, nos enfants ont fêté leurs anniversaires ensemble, sont partis à la chasse aux œufs de Pâques sous les cocotiers, nos hommes ont passé leur permis hauturier, et nous avons profité tous les dimanches des îlots paradisiaques du lagon.

Nous avons partagé nos espoirs, nos projets, notre joie de vivre, mais aussi nos peines, nos doutes, le mal du pays et l’éloignement des nôtres.

Nathalie, Nadia et Philippe, Lulu et Léonce, Flo et Philipo Jeannot, Louisa la Wallisienne et bien d’autre ont été notre famille de cœur, et nous avons vécu auprès d’eux 3 des plus merveilleuses années de notre vie.

Louisa est toujours à Wallis, et nous communiquons régulièrement sur FB. Elle connaît CherryPepper au travers des magazines que je partage dès leur parution. Malgré l’éloignement (22000kms) et le temps qui passe, nous sommes restées proches et j’en suis heureuse.

A ce stade de mon témoignage, je m’interroge, pourquoi l’amitié est-elle si importante à mes yeux en ce moment ?

La principale cause de cet excès de sensibilité est sans nul doute lié à notre récent changement d’alimentation. Je me rends compte que mener une vie sociale en accord avec ses convictions est chose difficile pour un végétarien, et plus encore pour un végan. Il se retrouve souvent confronté, au mieux à une totale incompréhension, au pire à des railleries, voir à des critiques parfois violentes. Ces comportements me révoltent et je m’interroge : comment peut-on aimer un ami ou un membre de sa famille, et ne pas essayer de comprendre les motivations profondes qui le poussent à changer ses concepts de vie ?

Je sais bien que les remises en question de nos habitudes, surtout quand elles sont aussi radicales, peuvent déstabiliser et même effrayer. Moi aussi j’ai eu peur, pendant longtemps, en voyant mes enfants et mes petits enfants évoluer vers une nouvelle vie que j’avais du mal à comprendre. Une de nos amies, Brigitte, qui est diététicienne, a su me rassurer quant aux éventuelles carences que je craignais, mais c’est surtout en observant mes filles, en les écoutant partager les innombrables recherches qu’elles ont menées sur l’alimentation VG puis végane, que j’ai compris qu’elles étaient responsables, et qu’elles ne mettraient pas leur santé en danger, et encore moins celle de leurs enfants.

Quant aux causes pour lesquelles elles se battent, on ne peut que les admirer, et même si l’on n’adhère pas à leur éthique, on peut du moins la respecter.

Forte de mes réflexions, et avec une bonne dose d’optimisme, je me rassure quant à la suite des évènements. J’ai la chance d’être entourée de personnes intelligentes, sensibles et qui savent faire preuve d’ouverture d’esprit.

A commencer par mes collègues les plus proches. J’ai partagé avec eux les débuts de CherryPepper, la plupart aiment les animaux et suivent avec intérêt les aventures de la maisonnée. Le monde VG et végan leur est totalement inconnu, mais ils n’hésitent pas à le découvrir. Pour preuve, en novembre dernier nous avons partagé un pique-nique au bureau, ils ont tous goûté la charcuterie VG que je leur proposais, et, cerise sur le gâteau, ils ont tous aimé.

Au mois de décembre, quand nous organisions le repas de Noël du service, certains ont suggéré un restaurant végétarien à Strasbourg. Je n’ai pas voulu leur imposer mon nouveau régime alimentaire, mais cela m’a beaucoup touché. Finalement nous avons opté pour des spécialités savoyardes, et chacun y a trouvé son compte. Comme quoi, entre personnes de bonne composition…

Pascal et moi sommes végans la plupart du temps, nous sommes suffisamment sensibilisés aux maltraitances animales (merci CherryPepper, et merci Gary Y.), pour ne plus consommer de produits laitiers, mais il nous arrive de faire de petites exceptions «fromagères» pour faciliter nos sorties avec nos amis, nos collègues et les autres membres de la famille.

J’ai connu des moments de doutes, il n’y a pas longtemps, quant aux possibles réactions de nos amis à l’annonce de notre végétarisme. Mais cette incertitude s’est dissipée, j’ai confiance en mes amis.

Je suis certaine que je ne connaîtrai pas la même mésaventure que Aurélie a vécu il y a quelques temps. Elle a publié sur sa page FB une image, plutôt soft comparée à toutes les horreurs qui nous entourent, qui représentait un petit lapin terrifié devant son futur bourreau. Ce n’était pas une image choquante mais plutôt une incitation à la réflexion. Une de ses amies les plus proches a très mal vécu cette publication, et sous prétexte d’une agression envers son régime alimentaire, elle est omnivore, et le métier de cuisinière qu’elle exerce, elle a purement et simplement rayé Aurélie de la liste de ses amis. Des années d’affection et de connivence balayées pour une tentative de partage non comprise, c’est ahurissant !

Peut-être que certaines des personnes qui me liront ont, elles aussi, vécu ce traumatisme ?

Car c’est bien d’un traumatisme dont il s’agit, pour les plus sensibles d’entre nous. Nous sommes tous fragilisés au moment de notre coming out, de quelque nature qu’il soit, et avons besoin du soutien de notre entourage.

Nous avons des amis proches, Nicole et Jack, l’histoire de notre amitié s’écrit depuis bientôt trente ans. Nos douze années passées à l’étranger n’y ont rien changé, nous nous sommes retrouvés avec joie, et continuons à partager les bonheurs et les turbulences de nos vies. Nous partons souvent en vacances ensemble, en Toscane de préférence, ou à la découverte des belles régions de France. Un autre couple d’amis, Brigitte et Dominique, se joint alors à nous. L’été prochain, nous admirerons tous les six, les beaux paysages marins de l’île de Ré.

Peut-être aurons-nous également l’opportunité de faire de grandes randonnées en Haute-Savoie, du côté de Châtel, avec Mireille et Pascal, d’autres amis auxquels nous tenons beaucoup.

Nous profiterons peut-être, pendant ces moments de convivialité, pour parler à tout ce petit monde, de notre végétarisme. Nous leur expliquerons que nous nous sentons bien, dans notre tête et dans notre corps, que ce n’est pas un caprice mais un acte réfléchi, que non, nous n’avons pas été maraboutés ni endoctrinés, que nous ne sommes pas malades, même si nous nous sommes allégés de quelques kilos superflus ; que nous espérons faire ensemble encore d’autres voyages et de belles découvertes, et que nous nous retrouverons toujours avec plaisir autours d’un bon repas, même si les problèmes d’intendance se compliquent un peu…

Nous leur dirons aussi, que, tout au fond de notre cœur, nous sommes restés les mêmes, avec juste un zeste d’humanité en plus, saupoudré d’une larme d’empathie, car il n’est jamais trop tard pour faire mieux …

 

 

Patricia

 

 

Gideon

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